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Fin du CPF pour le permis de conduire

Un coup dur pour l’accessibilité du permis
Depuis 2018, le Compte Personnel de Formation (CPF) permettait à des milliers de Français de financer leur permis de conduire, un sésame indispensable pour l’emploi et la mobilité. Mais en 2026, le gouvernement met fin à cette facilité. Désormais, seuls les demandeurs d’emploi et les apprentis pourront en bénéficier sans restriction, tandis que les salariés devront justifier d’un cofinancement par leur employeur. Une réforme qui risque d’aggraver les inégalités et d’éloigner les ménages modestes de l’accès au permis.
Pourquoi cette réforme ? Des économies avant tout
Les dépenses liées au CPF ont explosé, passant de 740 millions d’euros en 2018 à près de 1,9 milliard en 2025. Face à cette hausse, l’État a décidé de serrer la vis. Les articles 80 et 81 du Projet de Loi de Finances (PLF) 2026 restreignent désormais le financement du permis aux seuls cas où il est indispensable à l’activité professionnelle. Une décision qui soulève des questions : s’agit-il vraiment de lutter contre les abus, ou simplement de réduire les dépenses publiques ?
Pour les salariés, la règle est claire : sans accord de l’employeur, plus de financement. Pourtant, dans de nombreux secteurs, le permis reste un atout majeur, même s’il n’est pas officiellement exigé. Les travailleurs précaires, souvent en CDD ou en intérim, seront les premiers touchés.
Demandeurs d’emploi : une exception qui confirme la règle
Les chômeurs conservent leur accès au CPF pour le permis, car il est considéré comme un levier de retour à l’emploi. Mais attention : à partir du 1er avril 2026, France Travail (ex-Pôle Emploi) ne versera plus d’aides directes. Les demandeurs d’emploi devront d’abord puiser dans leur solde CPF, ce qui limite leurs possibilités de formation future.
Quant aux apprentis, leur aide de 500 € est maintenue, mais sous conditions. Une mesure qui évite le pire, mais ne résout pas le problème de fond : le permis coûte cher, et les plus fragiles paieront le prix fort.
Un permis moto quasi inaccessible
Autre conséquence de la réforme : le permis moto (A2), souvent utilisé pour des raisons pratiques (trajets quotidiens, économies de carburant), devient presque impossible à financer via le CPF. Sans lien direct avec l’emploi, les salariés devront le payer de leur poche. Une aberration, alors que la mobilité est un enjeu clé pour de nombreux travailleurs.
Qui sont les perdants de cette réforme ?
- Les jeunes en emploi précaire : Sans stabilité professionnelle, difficile de convaincre un employeur de cofinancer un permis.
- Les travailleurs des zones rurales : Où la voiture reste indispensable, mais où les salaires sont souvent bas.
- Les indépendants et auto-entrepreneurs : Exclus du dispositif, alors qu’ils ont souvent besoin d’un véhicule pour exercer.
Une mesure socialement injuste ?
En conditionnant le CPF à un besoin professionnel prouvé, l’État crée une inégalité d’accès à la mobilité. Ceux qui en ont le plus besoin – les travailleurs modestes, les intérimaires, les employés précaires – seront les plus pénalisés. Le risque ? Une fracture sociale accrue, où seuls ceux qui ont déjà les moyens pourront se former.
Que faire si vous êtes concerné ?
- Agissez vite : Si vous avez des droits CPF, utilisez-les avant que les décrets ne s’appliquent (fin du 1er trimestre 2026).
- Négociez avec votre employeur : Préparez un argumentaire solide pour justifier l’utilité du permis dans votre travail.
- Explorez les alternatives : Certaines régions ou associations proposent des aides complémentaires.
Conclusion : une réforme qui interroge
Si l’objectif affiché est de limiter les abus, cette mesure semble surtout réduire les dépenses de l’État au détriment des plus fragiles. Le permis de conduire n’est pas un luxe : c’est un outil d’autonomie et d’insertion. En le réservant aux demandeurs d’emploi, le gouvernement risque d’aggraver les inégalités… et de braquer une partie de la population.
